La transparence publicitaire progresse dans les publications des créateurs de contenu. C’est le constat dressé par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), à partir de près de 25 000 publications analysées. Trois ans après l’adoption de la loi du 9 juin 2023, les partenariats commerciaux apparaissent moins souvent dissimulés qu’auparavant, même si des écarts subsistent entre les profils certifiés et les autres.
Moins de partenariats passés sous silence
Dans les données publiées par l’ARPP le 1er octobre, un partenariat commercial n’est pas clairement signalé dans 10 % des publications réalisées par des créateurs certifiés. Cette proportion atteint 18 % chez les créateurs qui ne disposent pas de cette certification. Un an plus tôt, les taux communiqués étaient respectivement de 13 % et de 39 %.
La comparaison doit toutefois être lue avec prudence : l’ARPP précise que la méthode de son étude a évolué entre les deux années. La baisse reste néanmoins visible dans les deux catégories. Elle intervient dans un secteur où les collaborations avec des marques constituent une source importante de revenus et où la distinction entre contenu éditorial, recommandation personnelle et publicité peut être difficile à percevoir pour le public.
La certification associée à une audience mieux conservée
Un autre indicateur, relayé par l’ARPP, provient de données Kolsquare portant sur près de 196 000 créateurs de contenu au premier semestre 2026. Selon ces chiffres, les profils certifiés ont conservé 75,7 % de leur audience, contre 64,6 % pour les autres profils. L’écart communiqué atteint donc 11,1 points.
| Indicateur | Créateurs certifiés | Autres créateurs |
|---|---|---|
| Publications sans partenariat clairement signalé | 10 % | 18 % |
| Audience conservée au premier semestre 2026 | 75,7 % | 64,6 % |
Ces résultats ne permettent pas, à eux seuls, d’établir que la certification serait la cause directe d’une meilleure fidélité. Ils montrent cependant une corrélation entre le statut certifié et les indicateurs publiés. L’évolution peut aussi dépendre du type de créateur, de la taille de sa communauté, de ses plateformes ou de la nature des contenus diffusés. Le contenu fourni ne détaille pas ces éventuels facteurs de comparaison.
Une réglementation désormais intégrée aux pratiques
La loi influenceurs du 9 juin 2023 avait été adoptée après plusieurs polémiques liées à des produits revendus à prix élevé et à des promesses d’enrichissement rapide. Son arrivée avait été perçue par une partie des créateurs comme une contrainte supplémentaire, avec davantage de formalités et de responsabilités dans leurs relations commerciales.
Les chiffres de l’ARPP décrivent aujourd’hui un paysage plus encadré qu’auparavant, sans faire disparaître les manquements. La certification demeure un marqueur distinctif dans les données publiées, tandis que le niveau de signalement des partenariats reste moins favorable chez les profils non certifiés. Pour les marques comme pour les plateformes, l’enjeu est désormais de rendre les collaborations commerciales identifiables sans ambiguïté, alors que l’influence s’est installée au cœur de l’économie numérique.
- L’ARPP a étudié près de 25 000 publications.
- Les partenariats non signalés concernent 10 % des publications de créateurs certifiés et 18 % des autres.
- Les données Kolsquare relayées par l’ARPP portent sur près de 196 000 créateurs au premier semestre 2026.