Vates veut transformer son écosystème de partenaires en argument commercial. La start-up française, qui développe notamment les solutions open source XCP-ng et Xen Orchestra, annonce le lancement du Vates Alliance Network (VAN). Ce programme doit accompagner les entreprises dans leurs migrations vers ses technologies de virtualisation, quelques semaines après une levée de fonds de 30 millions d’euros.
Le réseau rassemble déjà une trentaine d’acteurs internationaux et s’appuie sur 40 intégrations validées. Pour Vates, l’objectif est de répondre à une difficulté qui dépasse le simple remplacement d’un logiciel : changer d’hyperviseur, c’est-à-dire la couche qui permet de créer et de faire fonctionner des machines virtuelles, peut affecter toute une infrastructure informatique.
Un changement de plateforme qui touche toute l’infrastructure
Dans une entreprise, les machines virtuelles sont rarement isolées. Elles dépendent généralement de systèmes de sauvegarde, de solutions de stockage, d’outils de supervision et de dispositifs de sécurité. Les mécanismes de haute disponibilité, qui maintiennent les services actifs en cas de panne, ainsi que les procédures de reprise après incident peuvent également être concernés.
Le programme lancé par Vates cherche donc à réduire le risque perçu lors d’une migration. La start-up veut proposer aux organisations un environnement plus large que le seul logiciel : des intégrations documentées, un accompagnement technique et des partenaires capables d’intervenir sur le terrain. Cette approche vise en particulier les infrastructures critiques, pour lesquelles la continuité de service et le support professionnel pèsent dans le choix d’une technologie.
« En structurant son écosystème, Vates cherche donc à réduire le risque perçu autour de l’open source professionnel et à rendre ses solutions plus crédibles pour les environnements critiques. »
Une alternative dans un marché bouleversé
Fondée à Grenoble en 2012, Vates se positionne comme une alternative européenne et open source sur un marché longtemps dominé par des offres propriétaires. L’entreprise développe XCP-ng, utilisé pour exécuter des infrastructures virtualisées, et Xen Orchestra, destiné à leur administration et à leur supervision.
Le lancement du VAN intervient alors que de nombreuses organisations réévaluent leurs choix technologiques après le rachat de VMware par Broadcom. Selon l’article de J’aime les startups, cette opération pousse certaines entreprises à revoir leurs coûts, leurs dépendances techniques et leur stratégie cloud. Dans ce contexte, Vates ne s’adresse plus seulement aux équipes déjà familières de l’open source : elle cherche aussi à convaincre des organisations qui demandent des garanties formalisées, des compétences disponibles et un interlocuteur pour accompagner le changement.
| Élément | Donnée annoncée |
|---|---|
| Levée de fonds | 30 millions d’euros |
| Partenaires du VAN | Une trentaine |
| Intégrations validées | 40 |
| Création de Vates | 2012, à Grenoble |
La bataille se joue aussi sur les garanties
Pour les directions informatiques, l’enjeu est moins de déplacer des machines virtuelles que de préserver les outils et les procédures qui les entourent. La compatibilité avec le stockage, la sauvegarde, la sécurité ou l’observabilité — la surveillance de l’état et des performances des systèmes — devient ainsi un critère déterminant.
Avec son réseau de partenaires, Vates tente de répondre à cette exigence de continuité tout en renforçant la crédibilité de son offre open source auprès des grandes organisations. Le VAN constitue ainsi un prolongement commercial et opérationnel de ses logiciels : il doit faciliter les migrations et rassurer les entreprises qui souhaitent réduire leur dépendance à une plateforme propriétaire sans remettre à plat l’ensemble de leur infrastructure.