Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux place un influenceur automobile dans le viseur des autorités suisses. On y voit Saba Mikava conduire une Ferrari SF90 à une vitesse proche de 210 km/h dans le col de Susten, en Suisse. La séquence, tournée sur une route de montagne ouverte à la circulation, a rapidement dépassé le cercle des amateurs de voitures sportives : selon Ouest-France, elle totalise désormais plus de 56 millions de vues.
Les images montrent une succession d’accélérations et de freinages sur une route sinueuse, avec des voitures et des motos présentes sur l’itinéraire. La diffusion massive du contenu a attiré l’attention de la police cantonale d’Uri, compétente dans cette partie de la Suisse. L’autorité n’a pas annoncé de poursuites à ce stade, mais elle a indiqué que la vidéo ferait l’objet d’un examen destiné à déterminer les suites possibles.
« L’opportunité d’engager des poursuites sera réexaminée après un examen approfondi de la vidéo »
La police doit notamment analyser les images avant de se prononcer. La vidéo peut constituer un élément permettant de vérifier les conditions dans lesquelles la conduite a été réalisée, mais la publication d’une séquence sur les réseaux sociaux ne suffit pas, à elle seule, à établir l’ensemble des faits retenus contre son auteur. La formulation des autorités laisse donc ouverte la question d’une éventuelle procédure.
Une mise en scène pensée pour les réseaux sociaux
Le contenu reprend les codes des vidéos automobiles spectaculaires : véhicule de prestige, route reconnaissable, données de vitesse et montage centré sur les accélérations. Dans sa publication, l’influenceur ajoute un avertissement présentant la scène comme quelque chose à ne pas reproduire. Cette mention n’empêche toutefois pas la vidéo de circuler massivement ni de transformer une conduite à haut risque en séquence de divertissement.
- Véhicule : une Ferrari SF90 ;
- Lieu : le col de Susten, en Suisse ;
- Vitesse évoquée : près de 210 km/h ;
- Audience annoncée : plus de 56 millions de vues.
La viralité agit ici comme un amplificateur. Une vidéo initialement destinée à une communauté spécialisée peut être reprise par des comptes extérieurs, commentée, découpée ou republiée, jusqu’à atteindre une audience bien plus large que celle de son créateur. Cette circulation augmente la visibilité de l’influenceur, mais elle rend aussi le contenu accessible aux autorités et facilite son examen a posteriori.
Les cols de montagne au cœur des inquiétudes
La police cantonale d’Uri présente cette affaire comme un exemple d’une tendance plus large : des vidéastes utilisant des voitures puissantes sur des routes escarpées comme si elles constituaient des circuits. L’autorité ne fournit pas, à ce stade, d’évaluation définitive du phénomène. Elle estime toutefois que son ampleur, notamment pour la traversée des cols de montagne, ne peut pas encore être mesurée avec certitude.
Le cas de Saba Mikava illustre ainsi une tension propre à l’économie de l’attention. Une conduite spectaculaire peut générer une audience considérable et potentiellement des revenus, tout en exposant son auteur à une analyse policière et à de possibles conséquences judiciaires. Tant que l’examen de la vidéo n’est pas achevé, aucune poursuite n’est annoncée et aucune infraction n’est définitivement établie. La police suisse doit désormais déterminer si les images justifient l’engagement d’une procédure.