Six jeunes chrétiens sont toujours détenus en Égypte après avoir publié sur TikTok une vidéo considérée comme offensante envers l’islam. D’après les informations rapportées par InfoChrétienne, les interpellations ont eu lieu le 6 octobre 2026, après la diffusion d’une séquence dans laquelle les six personnes rejouaient une scène d’un film égyptien.
Dans cette scène, les personnages ne connaissent pas les prières du Coran. Les autorités soupçonneraient les jeunes d’avoir « exploité » et « insulté » l’islam, selon l’Alliance Defending Freedom (ADF), un cabinet d’avocats chrétien. La vidéo aurait ensuite suscité de nombreux commentaires haineux, certains appelant à la violence contre les jeunes et leurs familles. Des habitants de leur village auraient alerté les autorités.
Une détention qui se poursuit après la diffusion de la vidéo
Les six jeunes auraient initialement dû être libérés une fois les tensions retombées. Ils restent pourtant détenus au 28 octobre 2026, d’après le récit publié par InfoChrétienne. Les éléments fournis ne précisent ni la durée exacte de leur détention, ni les suites judiciaires données à l’enquête. Les accusations rapportées sont donc présentées comme des soupçons, et non comme une condamnation.
« Nous avons vu beaucoup trop de cas de cette nature en Égypte. Les chrétiens ne devraient jamais avoir à craindre la punition pour avoir partagé un message. Nous exhortons les autorités à libérer ces six jeunes hommes et à abandonner immédiatement toute enquête à leur encontre. »
Cette déclaration est attribuée par InfoChrétienne à Kelsey Zorzi, vice-présidente du plaidoyer international à l’ADF. L’organisation demande la libération des six personnes et l’arrêt de la procédure engagée contre elles. Cette position constitue celle de l’ADF, qui intervient dans le dossier ; elle ne préjuge pas de la décision des autorités égyptiennes.
TikTok au cœur d’un contentieux lié à la liberté d’expression
L’affaire illustre le rôle que peuvent jouer les réseaux sociaux dans des situations où une vidéo publiée en ligne devient rapidement accessible à un large public, puis déclenche des réactions hors de la plateforme. Dans le cas présent, la circulation du contenu aurait été suivie de commentaires haineux et d’un signalement aux autorités locales. La publication sur TikTok est ainsi devenue le point de départ d’une procédure visant ses auteurs présumés.
InfoChrétienne rattache cette affaire à d’autres dossiers impliquant des contenus religieux diffusés en ligne en Égypte :
- un YouTubeur présenté sous le nom d’Augustinos Samaan aurait été condamné à cinq ans de prison et à des travaux forcés pour des vidéos consacrées à la foi chrétienne, au début de 2026 ;
- Abdulbaqi Saaed Abdo aurait été emprisonné en 2021 pour « blasphème » après avoir parlé de sa foi dans un groupe Facebook chrétien ;
- il aurait ensuite été libéré avec l’aide de l’ADF et aurait pu s’installer en sécurité dans un autre pays.
Un contexte religieux et numérique sensible
Selon les éléments cités par InfoChrétienne, les chrétiens coptes orthodoxes représentent environ 9 % de la population égyptienne. La Constitution fait de l’islam la religion d’État tout en prévoyant, selon le média, un principe de non-discrimination censé protéger les chrétiens. L’ONG Portes Ouvertes estime toutefois que ces derniers sont souvent victimes de discriminations et que les violences les visant restent fréquemment impunies.
| Élément | Information rapportée |
|---|---|
| Réseau concerné | TikTok |
| Date des arrestations | 6 octobre 2026 |
| Personnes détenues | Six jeunes chrétiens |
| Motif invoqué | Vidéo jugée offensante envers l’islam |
La vidéo à l’origine des arrestations n’est pas décrite comme un appel à la violence dans les éléments rapportés. Le dossier met en revanche en évidence les conséquences que peut entraîner, en Égypte, la publication d’un contenu interprété comme une offense religieuse. À ce stade, les six jeunes demeurent détenus et l’ADF demande l’abandon de l’enquête.