Le gouvernement français affirme observer les premiers effets de la taxation des petits colis importés dans l’Union européenne. Lors d’une conférence organisée à Bercy le 28 octobre 2026, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a indiqué que les montants de TVA, la taxe sur la valeur ajoutée, déclarés pour ces envois avaient diminué de 48 % entre juin et août. Ces données portent à la fois sur les quantités expédiées vers la France et sur leur valeur.
Une baisse revendiquée par l’exécutif
David Amiel relie cette évolution à la mise en place, durant l’été, d’une contribution européenne de 3 euros sur les colis importés. Le gouvernement y voit un premier résultat de la mesure, appliquée dans un contexte de forte progression des achats effectués sur des plates-formes comme Shein, Temu et AliExpress. Ces entreprises asiatiques sont notamment critiquées pour leur impact environnemental et accusées par leurs détracteurs de créer une concurrence jugée déloyale pour les commerçants soumis aux règles européennes.
« Résultats tangibles »
Le ministre du Commerce, Serge Papin, a de son côté communiqué des chiffres de fréquentation en baisse pour les principales plates-formes concernées. Selon les données qu’il a présentées, la fréquentation aurait reculé en juillet de 42 % sur Shein, de 36 % sur Temu et de 10 % sur AliExpress. Il a également évoqué une diminution des ventes en valeur de l’ordre de 25 % en septembre sur ces plates-formes.
Les chiffres avancés par la France
| Indicateur | Évolution annoncée | Période |
|---|---|---|
| Montants de TVA déclarés | -48 % | Juin à août |
| Fréquentation de Shein | -42 % | Juillet |
| Fréquentation de Temu | -36 % | Juillet |
| Fréquentation d’AliExpress | -10 % | Juillet |
| Ventes en valeur | Environ -25 % | Septembre |
Ces estimations françaises s’inscrivent dans une tendance également observée par la Commission européenne. Bruxelles fait état d’une baisse d’environ 64 % des flux de petits colis depuis juillet. L’Union européenne appelle toutefois à la prudence : il serait encore trop tôt, selon elle, pour tirer des conclusions définitives sur l’effet de la mesure. La baisse constatée peut donc être décrite comme un recul des flux et de certains indicateurs de fréquentation, mais pas comme une preuve définitive d’un changement durable des comportements d’achat.
Une nouvelle facturation dès le 1er novembre
Le coût des commandes importées doit par ailleurs évoluer à nouveau à compter du 1er novembre. Les plates-formes devront acquitter auprès de l’Union européenne des frais de traitement de 2 euros par catégorie d’articles, pour chaque colis provenant d’un pays situé hors de l’Union. Cette charge s’ajoutera à la contribution de trois euros déjà mise en place durant l’été et pourrait être répercutée dans le prix payé par les consommateurs, même si le mécanisme présenté par le gouvernement vise d’abord les plates-formes.
- 3 euros : contribution européenne appliquée aux petits colis importés depuis l’été ;
- 2 euros par catégorie d’articles : frais de traitement prévus à partir du 1er novembre ;
- 64 % : recul approximatif des flux de petits colis observé par Bruxelles depuis juillet.
L’Union européenne justifie cette seconde mesure par le renforcement des contrôles douaniers. Elle intervient face à l’afflux de marchandises achetées sur des plates-formes chinoises, dont certains produits ne respecteraient pas toujours les normes européennes. Pour les acteurs du commerce en ligne comme pour les consommateurs, l’enjeu est désormais de distinguer l’effet propre de la première taxe, les évolutions de la demande et les conséquences de cette nouvelle série de frais. Les chiffres communiqués par le gouvernement témoignent d’un ralentissement marqué, mais leur portée reste à confirmer dans la durée.