Une conversation avec un chatbot ne se limite pas toujours à une réponse ponctuelle. Sur un compte personnel de ChatGPT, le contenu envoyé peut rester dans l’historique et, selon les paramètres choisis, être utilisé pour améliorer les modèles d’intelligence artificielle. Cela concerne potentiellement des documents copiés dans la discussion, comme une fiche de paie, une ordonnance ou un relevé d’identité bancaire.
Un réglage de ChatGPT détermine l’usage des conversations
Le paramètre baptisé « Améliorer le modèle pour tous » joue un rôle central. Lorsqu’il reste activé sur un compte personnel, les informations saisies dans les échanges peuvent contribuer à l’entraînement du modèle. Le terme « chatbot » désigne ici un service en ligne capable de répondre par écrit aux demandes de l’utilisateur.
Les données ne disparaissent pas non plus automatiquement après la réponse. D’après les pages d’aide d’OpenAI et d’Anthropic citées par Selectra, le texte transmis est envoyé sur les serveurs de l’éditeur et reste dans l’historique tant que l’utilisateur ne le supprime pas. La conservation de la conversation et son éventuelle utilisation pour entraîner les modèles sont donc deux questions distinctes.
| Service | Réglage ou situation mentionnée | Conséquence décrite |
|---|---|---|
| ChatGPT | « Améliorer le modèle pour tous » activé | Les échanges peuvent servir à l’entraînement |
| Claude | Option « Aider à améliorer nos modèles d’IA » cochée | L’entraînement est alors autorisé |
| ChatGPT | Conversation signalée pour la sécurité, ou évaluée par un pouce | Deux exceptions sont mentionnées dans les informations publiées |
Les documents administratifs contiennent souvent plusieurs identifiants
Une fiche de paie peut réunir un nom, une adresse, un employeur, un salaire et, le plus souvent, un numéro de sécurité sociale. Une ordonnance peut, elle, révéler une information de santé. Un relevé d’identité bancaire peut exposer des données financières. Pour demander une explication ou vérifier un calcul, l’assistant n’a pas nécessairement besoin de connaître l’identité complète de la personne concernée.
La recommandation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), l’autorité française chargée de la protection des données personnelles, s’adresse notamment aux TPE-PME utilisant des services en ligne grand public. Elle rappelle que les informations saisies dans ces outils peuvent être traitées comme des données destinées à l’entraînement, selon les conditions du service et les choix du compte.
« N’introduisez pas de données confidentielles, personnelles ou stratégiques. »
CNIL, fiche consacrée aux précautions indispensables pour un usage responsable et sécurisé de l’IA
Masquer les éléments identifiants avant toute utilisation
Dans la pratique, la précaution mise en avant consiste à retirer les éléments qui permettent d’identifier une personne avant de copier un document dans un assistant. Les noms, adresses et numéros administratifs peuvent être masqués, tout en conservant les montants ou les intitulés nécessaires à la question posée. Cette démarche ne transforme pas un chatbot grand public en espace de stockage sécurisé, mais limite la quantité de données personnelles transmise à l’éditeur.
- Vérifier le réglage lié à l’amélioration ou à l’entraînement des modèles.
- Éviter de transmettre des informations confidentielles, personnelles ou stratégiques.
- Supprimer de l’historique les conversations qui ne doivent plus y rester.
Le verrouillage d’une conversation ou l’accès à un compte ne répond pas à la même question que l’utilisation des données par le service. La confidentialité d’un document dépend donc à la fois de sa conservation, des paramètres du compte et de la nature des informations envoyées. Pour les usages professionnels, la CNIL recommande ainsi une vigilance particulière avec les outils en ligne destinés au grand public.