Instagram élargit son terrain de jeu. Meta teste actuellement un outil nommé « Features », qui donnerait à certains créateurs la possibilité de publier directement sur leur profil des vidéos horizontales allant jusqu’à 90 minutes. L’expérimentation, rapportée à partir d’informations associées à Adam Mosseri, dirigeant d’Instagram, marque une rupture avec l’image d’un service principalement associé aux formats courts.
À ce stade, il ne s’agit pas d’un déploiement général. La fonctionnalité est essayée avec plusieurs créateurs, dont l’intervieweur sportif Donald De La Haye, la créatrice de contenu consacrée à la mode Monet McMichael et l’entrepreneuse Emma Grede. Instagram envisage ainsi d’accueillir des contenus plus longs, qui pourraient prendre la forme de spectacles humoristiques, de podcasts vidéo ou encore de séries documentaires.
Un nouveau parcours entre les formats courts et longs
Le dispositif ne remplacerait pas les vidéos courtes qui servent aujourd’hui à faire découvrir des contenus sur la plateforme. Les créateurs participant au test pourraient épingler des Reels, c’est-à-dire des vidéos courtes d’Instagram, afin de renvoyer leur audience vers une production plus longue publiée sur leur profil. L’objectif serait de créer un lien entre la découverte dans le fil et le visionnage prolongé.
Cette logique rapproche Instagram de YouTube, particulièrement présent sur les vidéos longues, les podcasts filmés et les contenus documentaires. Pour Meta, l’enjeu consiste à élargir les usages de son application sans abandonner les formats courts qui structurent encore l’expérience de découverte. Le projet intervient alors que les habitudes de consommation vidéo évoluent, selon les informations rapportées par le média spécialisé.
| Élément testé | Détails annoncés |
|---|---|
| Nom de l’outil | Features |
| Durée maximale envisagée | 90 minutes |
| Orientation des vidéos | Format horizontal |
| Créateurs concernés | Un groupe de participants au test |
La rémunération, point encore non résolu
L’arrivée de vidéos longues soulève toutefois une question centrale pour les créateurs : comment ces contenus seraient-ils monétisés ? Instagram ne dispose pas actuellement d’un programme public de partage des recettes publicitaires conçu spécifiquement pour ce type de vidéo longue, d’après les éléments rapportés. Cette absence pourrait compliquer l’adoption du format par des créateurs qui consacrent davantage de temps à la production de podcasts, de documentaires ou d’émissions.
YouTube conserve, sur ce terrain, un dispositif de référence pour les vidéos classiques. La plateforme indique reverser aux créateurs éligibles 55 % des recettes publicitaires générées par les annonces diffusées sur ces vidéos. Ce chiffre est attribué à YouTube et concerne son propre mécanisme de partage des revenus ; il ne constitue pas une règle annoncée pour Instagram.
Une évolution de la stratégie vidéo d’Instagram
Le test traduit aussi une inflexion dans la stratégie d’Instagram. Adam Mosseri, longtemps présenté comme opposé à l’intégration de vidéos longues sur le service, aurait changé de position face à l’évolution des usages. La plateforme cherche désormais à attirer des contenus qui nécessitent davantage de temps de visionnage et à proposer aux créateurs un espace supplémentaire pour développer leurs productions.
Meta n’a pas annoncé, dans les informations disponibles, de date de généralisation de « Features » ni les conditions précises de son éventuelle disponibilité. Pour l’instant, l’outil reste donc limité à une expérimentation menée avec plusieurs créateurs. Son avenir dépendra notamment de la manière dont Instagram organisera la découverte de ces vidéos et de la réponse apportée à leur financement.