La responsabilité des réseaux sociaux dans les risques auxquels seraient exposés les jeunes utilisateurs revient devant la justice américaine. À Los Angeles, la sélection du jury doit débuter ce mercredi 28 octobre 2026 dans une nouvelle procédure visant Meta et Snap. Pour Snap, qui exploite notamment Snapchat, il s’agit de la première fois que l’entreprise est mise en cause dans ce type de procès présenté comme emblématique par Euronews.
Les plaignantes de cette affaire sont désignées par leurs initiales, SJ et KDB. Le dossier s’inscrit dans une série de plaintes déposées ces dernières années devant des juridictions américaines locales, étatiques et fédérales. Des procédures comparables ont également été engagées en Europe, notamment en France, en Italie, au Danemark et aux Pays-Bas. Les entreprises sont accusées par les plaignants d’avoir causé des préjudices à des enfants et à des adolescents, dans un débat qui porte en particulier sur la conception des plateformes et le fonctionnement de leurs algorithmes.
Un premier verdict déjà rendu en mars
Le nouveau procès intervient plusieurs mois après une première décision rendue aux États-Unis. En mars 2026, un jury avait jugé Meta et YouTube collectivement responsables d’avoir porté préjudice à une jeune utilisatrice identifiée par les initiales KGM. Les entreprises technologiques avaient alors été condamnées à verser au total 6 millions de dollars, soit 5,4 millions d’euros selon le montant rapporté par Euronews.
« Meta conteste respectueusement ce verdict. »
Cette déclaration de Meta faisait suite à cette première décision. Dans d’autres dossiers, les procédures n’ont pas abouti à un jugement sur le fond : Snap et TikTok avaient conclu un accord avec KGM avant l’ouverture du procès, tandis que Snap, TikTok et YouTube ont réglé une autre affaire qui devait être examinée en août. La plaignante de ce dossier, connue sous les initiales RKC, a ensuite retiré les dernières accusations visant Meta, permettant à l’entreprise d’éviter un procès sans conclure de règlement.
Des accords conclus avant l’audience
Le dossier qui s’ouvre à Los Angeles a lui aussi été modifié avant la constitution du jury. TikTok et YouTube figuraient initialement parmi les entreprises poursuivies par SJ et KDB, mais elles ont conclu des accords avec les plaignantes avant le début du procès. Meta et Snap restent donc les entreprises mises en cause dans cette nouvelle audience, selon les éléments rapportés par Euronews.
Au-delà de chaque procédure, ces affaires alimentent une contestation internationale portant sur les dangers potentiels des réseaux sociaux pour les mineurs. Les critiques visent notamment les algorithmes, c’est-à-dire les systèmes automatisés qui sélectionnent et recommandent des contenus ou organisent l’expérience proposée à l’utilisateur. D’après Euronews, les procédures judiciaires ont déjà conduit les entreprises à modifier de manière substantielle certaines fonctionnalités afin de rendre leurs plateformes plus sûres.
Une pression qui s’étend à l’Europe
Le débat ne se limite pas aux tribunaux américains. Le média cite des mesures d’interdiction adoptées en Australie et en Europe, ainsi qu’un projet de règlement européen présenté sous le nom d’EU Kids Act. Ce texte de la Commission européenne viserait à déplacer des parents vers les plateformes une partie de la responsabilité liée à la protection des enfants en ligne et prévoirait aussi d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
- Meta et Snap sont les deux entreprises encore présentes dans le nouveau procès de Los Angeles.
- Des plaintes similaires ont été déposées dans plusieurs pays européens, dont la France.
- Le contentieux porte sur les effets présumés des plateformes et de leurs algorithmes sur les enfants et les adolescents.
La sélection du jury constitue la première étape de cette nouvelle audience. À ce stade, les éléments rapportés établissent l’existence d’accusations et de procédures, mais ne permettent pas de préjuger de la décision qui sera rendue dans cette affaire. Les accords conclus par plusieurs entreprises dans des dossiers précédents et le verdict de mars illustrent toutefois la pression judiciaire croissante exercée sur les plateformes au sujet de la protection des mineurs.